Pourquoi je pêche ?
- brichesoel
- il y a 18 heures
- 6 min de lecture
Texte adapté depuis une base disponible dans le numéro 1max2carpe #6
Gipcy 15 Avril 2021
Ce sujet, comme tu dois t’en douter, peut être considéré comme un sujet philosophique, laissant donc place à une flexibilité infinie de réflexions personnelles. C’est d’ailleurs avec cette question ouverte que j’aimerais partager certains de mes questionnements réguliers concernant notre « microcosme » qu’est la pêche de la carpe. Cet article se voit donc être un test afin de jauger l’intérêt des lecteurs pour ce genre de réflexions autour de notre passion commune.

Je pêche parce que j’aime çà ?
Je vais volontairement utiliser la première personne du singulier.
Non pas pour prendre mon cas perso comme exemple mais plutôt par commodité de langage et de mise en situation.
La question du jour est donc la suivante : Pourquoi je pêche ?
Quelles sont mes réelles motivations à me rendre au bord de l’eau ?
Est ce simplement une envie ou plus exactement un besoin ?
Est-ce pour satisfaire un plaisir éphémère ou pour cultiver une émotion durable ?
Est-ce que je pêche pour moi ou pour ce que le regard des autres me procure ?
Est-ce que je pêche parce que j’aime cela ou est ce pour tenter de satisfaire mon ego ?
Comme tu peux le voir, un grand nombre d’interrogations se cachent derrière cette question basique auquel presque tout le monde répondrait de manière sporadique sans réellement essayer de la comprendre.

Prenons un exemple pour essayer d’analyser un pêcheur lambda et tenter de comprendre son parcours, son évolution, ses déviances…
Qu’elle soit transmise ou non, la pratique de la pêche se concrétise et se réitère à la suite d’une notion de plaisir.
Je ne connais personne qui va à la pêche sous la menace. Si on fait la démarche d’aller pêcher c’est généralement parce que l’on aime çà.
Nous conviendrons donc que cette notion de plaisir est le pilier de cette réflexion.
Ensuite, vient l’apprentissage, qui bien souvent se présente en deux étapes :
La première consistant à découvrir et comprendre les bases de la pêche et la seconde portant sur l’adaptation de ses connaissances en fonction des situations rencontrées.
Autant cette première étape peut se voir être relativement rapide et prendre des allures de boulimie d’informations,. Autant la seconde s’étale, selon moi, sur tout une vie car un pêcheur ouvert à son élément apprendra chaque jours, de chaque situation et ce, jusqu’à son dernier lancé.
Mais ce qui nous intéresse le plus est le parcours d’un pêcheur tout au long de sa vie.
Il est entrecoupé de rencontres plus ou moins importantes avec d’autres pratiquants. Selon les profils de chacun ces rencontres peuvent êtres très limitées tout comme particulièrement nombreuses.
Néanmoins les premières sont très souvent les plus marquantes et façonnent les bases de nos "valeurs".

Les valeurs c’est quoi ?
Vaste sujet.
Résumons ces valeurs par ce qui nous semble essentiels à une "bonne" pratique de cette pêche..
Qu’est ce qu’on a le droit de faire, et qu’est ce que l’on s’interdit de faire ?
Appelé aussi éthique, on constate assez facilement qu’elle a autant de visage que de candidats…
Tous est question de point de vu et ce qui est particulièrement intéressant c’est de voir où sont placées ces frontières déontologiques ?
Ce "détail" est très important car, bien qu’évolutif pour la plupart d’entre nous, il peut parfois passer d’un extrême à l’autre sans crier gare.
Le problème n’étant pas de changer d’avis car comme le dit l’adage : « y’a que les cons…» mais plutôt ce qui va nous pousser à changer d’avis et c’est là où chacun d’entre nous devrait se re-poser la fameuse question qui nous sert de titre aujourd’hui :
« Pourquoi je pêche ?»
« Est ce toujours pour les raisons initiales ? »
Alors comment cette motivation peut elle évoluer avec le temps ?

C’est pas moi, c’est les autres !
Là encore à cette question demeurent des milliers de réponses potentielles, cependant l’une d’elles demeure depuis toujours… Les autres, leurs influences, le crédit que je leurs apporte !
De tout temps l’homme cultive un esprit de compétition.
Le besoin de se mesurer à l’autre pour trouver sa place dans le groupe est ancré dans son patrimoine génétique.
Cependant chaque individu accorde une importance relative à ce besoin existentiel de comparer son statut. à celui des autres.
Là ou le sujet devient complexe c’est lorsque l’on étudie la capacité de chacun à ne pas réaliser ou du moins à sous estimer l’importance de ce point sur le plan personnel.
Le plus ironique là dedans c’est que ce qui altère ce jugement est bien souvent, les regards des autres.
« Que vont-ils penser de moi ? »
Ce que je trouve de plus risible dans notre microcosme c’est de voir comment nous pouvons nous comparer sur des éléments non maitrisés à 100% et par définition, incomparables !
Une fois que l’on a bien conscience de cela il devient alors extrêmement facile de comprendre la dérive pathétique du comportement général des pêcheurs ne vivant qu’à travers leurs profils virtuels sur les réseaux sociaux.

Reprenons l’exemple de notre petit pêcheur lambda.
Il a donc commencé sa vie de pêcheur parce que le croassement des grenouilles, les odeurs de menthe sauvage écrasée et l’excitation provoquée par une touche lui procuraient un plaisir intense.
Il a ensuite comparé ses résultats avec ceux des autres, essayé d’être meilleur, voulu attraper de plus gros poissons, travaillé dur pour en capturer plus que le copain, plus que LES copains, plus que TOUS les pêcheurs du coin…
Et puis avec Internet, les réseaux sociaux, la course au « sponsoring », les limites se sont étendues jusqu’à devenir invisibles…
Jusqu’à ne plus entendre le croassement des grenouilles et ne considérer la valeur de ses sessions qu’à de vulgaires chiffres qualifiant, ladite pêche, de bonne ou de mauvaise.
C’est alors que la fameuse question résonne… accompagnée de beaucoup d’autres.
Comment me suis-je retrouvé à pêcher des poissons abîmés par la surpêche alors que mon dernier souhait était de leur faire du mal ?
Comment me suis-je retrouvé à « marcher » sur mon voisin pour avoir le "meilleur poste", alors que ce qui me plaisait dans la pêche, c’était la tranquillité et le contact avec la nature ?
Comment mon besoin de reconnaissance a-t-il pu prendre le dessus sur mon respect pour ce poisson ?
Aurais-je vraiment dû « cramer » ce lac pour satisfaire encore un peu plus mon ego ?
Comment ai-je pu m’égarer à ce point de l’origine de mon amour pour la pêche ?

Ces quelques lignes ne sont qu’une introduction à une réflexion personnelle libre à chacun d’entre nous.
La vision de notre passion peut prendre bien des visages tout au long de nos vie mais je pense que se souvenir d’où l’on vient est le meilleur moyen de se retrouver.
Se poser régulièrement ce type de question est pour moi essentiel à maintenir un rapport équilibré entre nos racines et nos ambitions.
L’année prochaine, cela fera 30 ansque je façonne ma vie autour de ce poisson.
Trente années que je vie comme un vagabond pour traquer des poissons qui me fascinent au détriment d’autres plaisir de la vie.
Trois décennies que je stress consciemment des animaux que j’adore alors que je prône le « no kill »…
Mais au fait, pourquoi je pêche ?
Pour réferencement:
Questions autour de la pêche
Pourquoi les gens pêchent-ils ?
Les motivations peuvent être très différentes selon les pêcheurs. Pour certains, la pêche est un moment de connexion avec la nature. Pour d'autres, elle représente un défi ou une quête personnelle.
Pourquoi la pêche de la carpe passionne-t-elle autant ?
La pêche de la carpe fascine de nombreux pêcheurs en raison de la difficulté de capturer ces poissons méfiants et de la richesse des environnements dans lesquels ils vivent.
La pêche est-elle une compétition ?
Pour certains pêcheurs oui, notamment avec l’influence des réseaux sociaux et la recherche de performances. Pour d’autres, la pêche reste avant tout un moment de calme et de connexion avec la nature.





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