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L’influence du « monde carpe »

Une histoire de deal ?

Texte adapté depuis une base disponible dans le numéro 1max2carpe #8


Gipcy 20 Novembre 2022


Si vous avez déjà lu les articles https://www.brakass.com/post/pourquoi-je-pêche https://www.brakass.com/post/la-culture-de-la-non-information ou encore https://www.brakass.com/post/incomparablecomparaison vous aurez compris qu’il existe un fil conducteur entre ces différents sujets qui semblent, de prime abord, relativement autarciques.


Ce fil conducteur a déjà été cité plusieurs fois auparavant. Il s'agit de la perception de ce qui nous entoure et de notre adaptation dans ce décor.

Aujourd’hui, nous allons nous pencher plus précisément sur les autres pêcheurs et leur influence, vous savez, cet élément indissociable ou presque de notre microcosme en 2022.

Les autres, quelle que soit notre relation avec eux, sont bien présents et ont un impact à de nombreux niveaux, qu’on le veuille ou non.

Que ce soit de manière directe ou indirecte, ils influencent nos pensées, nos envies, nos choix, nos actes…

Et lorsque le but, personnellement recherché, est de caresser la liberté au sens le plus large du terme, ce facteur devient alors rapidement un élément à prendre très au sérieux !

Bien avant de devenir une “mauvaise carte”, le facteur “autres pêcheurs” a plutôt été un atout pour chacun d’entre nous.

Alors que nous étions encore novices et en phase d’apprentissage, il fut une source d’inspiration inégalable.

Les bases de la pêche, on peut les apprendre dans les bouquins, sur Internet ou via notre professeur, mais c’est en comparant notre “savoir” à celui des autres que celui-ci s'enrichit de manière considérable.

Cela dit, il se peut que, dans la vie d’un pêcheur, le besoin de coupure se fasse ressentir. Comme un pèlerinage qui passerait par l'isolement pour mieux se recentrer sur soi-même, sa passion et sa relation avec celle-ci, qui est finalement unique à chacun.


Une photo en noir et blanc d'un homme tenant une carpe derrière des broussailles.
Se couper du monde pour mieux se retrouver ?

Attention aux extrêmes :

Personnellement, j’ai un besoin profond de couper avec le monde carpiste assez régulièrement.

J’ai, par le passé, développé en moi une forme d’extrémisme en boycottant toute information pouvant influencer mes choix de pêche.

Ce qui est risible dans cette façon de penser, c’est que, sans m’en rendre compte, je me privais de beaucoup plus de choses que si je n’avais pas développé ce sentiment “d’auto-protectionnisme”… Je m’explique :

À l'époque, je voulais juste faire l’inverse de ce que faisait la majorité des pêcheurs.

Cela a commencé par pêcher à l’autre bout du plan d’eau.

Ensuite, ça s’est développé en fuyant les eaux où j’avais eu un éventuel tuyau (grosses pêches, gros poissons capturés, etc.).

Enfin, je me retrouvais à boycotter des eaux si j’y avais vu des carpistes ou simplement relevé des traces de pêcheurs plus ou moins récentes… Bref, en somme, du grand n’importe quoi, car à la fin, je ne me permettais plus de pêcher nulle part ou presque !


Pendant toutes ces années, je suis passé à côté de pêches de folie en cultivant cette forme aiguë d’idiotie.


Une expérience salvatrice.

Néanmoins, rien n’arrive par hasard et il est toujours possible de tirer du positif de chaque situation.

J’avais découvert ce plaisir intense qu’est d’attraper un poisson avec pour seul atout sa propre réflexion. Cette sensation égocentrique qui nous fait vulgairement dire que c’est “notre” poisson et que sa capture n’est pas le fruit du calque du travail d’un autre !

Bien que je gardais en conscience que je n’étais sûrement pas le premier à attraper ce poisson, l’illusion de cela me contentait et je pouvais alors remercier, par la pensée, les professeurs que j’avais croisés sur mon chemin.

Leurs conseils m’avaient amené jusque-là, mais je n’avais “crabé” directement ou indirectement personne.


Pendant ces longues années, j’ai cultivé la “non-information” en ne côtoyant qu’un cercle très restreint d’amis que j’avais sélectionnés de par leurs capacités à respecter mes choix, c’est-à-dire à ne surtout pas me dévoiler ce qu’ils savaient d’un lieu ou d’un autre.


Je cumulais à cela l'arrêt complet de la lecture de magazines spécialisés dans notre pêche et, par chance, les réseaux sociaux n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui.


Sur le terrain, je procédais de la même manière et, lorsque je rencontrais un autre pêcheur, je m'appliquais à ne poser aucune question qui aurait pu influencer mes choix.


Lorsqu’une info se faufilait dans la conversation, je m’appliquais à faire l’inverse de ce que l’on m’avait dit par pur orgueil mal placé !


Un homme avec une canne à pêche.
Gare aux extrêmes !

Adaptation permanente :

Aujourd’hui, j’ai un peu grandi et, même si je fais toujours plus ou moins la même chose à quelques détails près, la forme est beaucoup plus raisonnée :

Tout d’abord, j’ai fini par accepter qu’il faut vivre avec son temps et que mes rêves de gosse remplis de pioneering et de poissons vierges étaient révolus, du moins dans notre pays.

En revanche, il est encore possible, à mon échelle, de maquiller la vérité en me fabriquant mon propre univers… Moins j’en sais, plus je cultive le mystère, plus mon aventure devient envoûtante !

Étant un éternel nostalgique des débuts du carpfishing en France, je me suis souvenu qu’à l’époque, nous étions tous plutôt intéressés par les infos que nous pouvions collecter directement sur le terrain et les témoignages des pêcheurs en action en faisaient partie.

J’ai donc mis un peu d’eau dans mon vin et ne crache plus sur une info partagée en live sur le terrain, elle fait dorénavant partie du décor, bien que je ne coure clairement pas après.

Ces critères me permettent aujourd’hui de continuer à jouer une pièce dans un vieux théâtre que j’ai toujours fréquenté.

Alors oui, je ne serai évidemment pas le premier à fouler cette berge, ni le premier à capturer ce poisson, mais si, dans ma démarche, les critères que je me suis fixés sont respectés, alors pourquoi dédaigner les résultats ?

Ce poisson aura peut-être un peu moins de saveur, mais il sera toujours dans mon épuisette et c’est déjà pas si mal pour un toxico !


Une photo d'un campement de carpistes en Espagne.
Il parait qu'il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis.

Des obstacles pas toujours évidents à contourner :

J’ai aujourd’hui à nouveau un compte Facebook et, depuis l’année passée, un compte Instagram dédié spécialement à la pêche.

Le but étant principalement de communiquer sur le projet Brakass que j’ai en commun avec mon ami Franck Rouchouze, mais aussi pour tenter d’apporter mon expérience sur un sujet qui m’est cher : le no kill !


Cependant, ces comptes sont un véritable poison pour moi, car ils sont une tentation permanente "d’espionnage moderne” inconscient (on fait défiler le fil d’actualités et tout un tas d’images s’invitent et squattent notre subconscient pour une durée indéterminée).


J’essaie donc de ne pas faire défiler ces satanés fils d’actualités, bien que je me surprenne encore trop souvent à le faire.

Ces réseaux sont pour moi le paramètre le plus dur à maîtriser, car, pour le reste, il m’est assez facile de ne pas faire de recherches sur YouTube, de ne pas aller lire tous les articles qui ont été pondus sur le lac à la mode ou de ne pas aller poser des questions à des mecs que je ne connais même pas.


Une fois ces paramètres maîtrisés, il reste encore le contact avec les autres pêcheurs, qui, lui aussi, est délicat à gérer.


Un homme avec une vielle carpe miroir dans une rivière.
Il existe des parades pour éviter le "contact"

Contacts :

Lorsqu’on possède un compte FB ou Instagram, on s’expose (jugement, critiques, contacts, etc.). C’est une règle essentielle du jeu et il faut apprendre à dealer avec, sans avoir reçu de formation préalable.

Il faudra alors accepter que des gens de différents profils viennent prendre contact avec vous !

Ces contacts peuvent être amicaux ou non, calculés ou pas, brefs tout comme durables, etc.

On nage dans le brouillard et n’importe quel profil de pêcheur peut alors venir vous influencer sans crier gare.

S’ensuit le contact physique au bord de l’eau et la rencontre de ces différents profils de chair et d’os.

Il est parfois difficile de faire comprendre à quelqu’un qu’on ne veut pas d’infos, sans vexer cette personne.

Et que dire de ces profils qui vont tout vous déballer en espérant qu’en contrepartie, vous déballiez tout ce que vous savez également.

La faim justifiant les moyens, j’ai même pu observer des gens me mentir pour rendre leurs infos encore plus croustillantes…

Et tout cela dans quel but ? Je ne le saurai jamais.

Quoi qu’il en soit, cela reste une triste réalité qui est, à mes yeux, alimentée par cette influence extérieure.


Raccourcis et caricatures :

« Spéciale “kacedédie” à Tonton »


L’ours :

Faire “l’ours” est extrêmement efficace, mais a son lot de contraintes auxquelles nous sommes peu à être capables de faire face, du moins à long terme.

Ne parler à personne est radical, mais parfois lourd à tenir dans le temps, car cette culture de la solitude n’est pas toujours acceptable pour tous.

Certaines étapes de la vie deviennent plus dures à surmonter, et certaines personnes adoptent un comportement à votre égard moins civique sous prétexte que vous vous la jouez solo.

Néanmoins, cela me paraît être la meilleure alternative si vous êtes habitué à arpenter les berges en solitaire, car c’est encore la meilleure manière de n’être déçu par personne et de vivre votre propre histoire avec chaque eau que vous pêcherez.


Pour l’ours, l'influence du monde de la carpe est un paramètre au faible pouvoir impactant, il fait juste partie du paysage.


Le « franchouillard » :

J’aime bien utiliser ce qualificatif, car il représente bien, à mes yeux, cette catégorie de gens qui partagent, mais uniquement dans un cercle fermé.

Ce type de profil a généralement une poignée plus ou moins grosse d’amis avec qui il n’y a “aucun secret”.

C’est une manière d’atteindre ses objectifs beaucoup plus vite et de manière bien plus efficace, car il caractérise un travail d’équipe et non individuel.

Cela dit, un équilibre doit être impérativement maintenu, au risque que des animosités se créent avec le temps.

L’autre paramètre impératif est que tout le monde s’entende à merveille dans le groupe, au risque de se retrouver à pouvoir partager certaines choses avec certains et pas avec d’autres… C’est extrêmement délicat à gérer !

Enfin, il faudra accepter de parfois recevoir les fruits du travail d’un de vos amis, tout comme donner les fruits de votre travail à celui-ci…

J’ai personnellement encore beaucoup de travail à faire pour accepter de recevoir… à chacun son fardeau.


Pour le franchouillard, l’influence carpiste est présente, mais pas directrice, il vit avec comme il peut en essayant d’être le moins victime possible de ses travers.


Un homme avec une grosse carpe miroire.
^

Le “Oui-Oui” :

Cette catégorie de pêcheurs représente le plus souvent les “débutants”.

Sans vouloir être péjoratif, leur naïveté les amène à tout écouter et surtout à tout répéter. Ils alimentent finalement un gigantesque “téléphone arabe” qui déforme très vite la réalité, engendrant bien souvent un joyeux bordel aux conséquences parfois dramatiques !

Les principales victimes sont, comme d’habitude, les poissons, et les secondes, les petits ours qui n’avaient rien demandé à personne.


Pour eux, l'influence des autres carpistes pèse fort dans la balance et, si le temps et l’expérience ne leur apprennent pas à se "protéger" du côté obscur, ils glisseront vite dans la dernière catégorie.


Le “Crabe”

Vient enfin le virus des pêcheurs, ce bon vieux crabe !

C’est le dribbleur fou de l’équipe de foot, il ne joue que pour lui, l’équipe n’étant qu’un moyen d'assouvir son plaisir personnel.

Ce type de pêcheur se moque généralement du poisson, des camarades et du monde halieutique en général ; ce qu’il veut, c’est remplir son capital plaisir le plus vite possible, quels que soient les moyens employés.

Tout est bon à prendre, et surtout les infos.

Il calque généralement un plan qui a fonctionné pour un autre par le passé et, avec de l’expérience, il saura reproduire à la perfection une situation afin d’assurer la meilleure récolte possible.


Pour lui, l'influence du monde de la carpe est un carburant.


Un homme prenant une photo de paysage dans la brume.
L'influence peut parfois mener à mettre un terme à certaines relations.

Évidemment, il existe, au milieu de ces quatre grands types de profils, des hybrides qui se confondent dans plusieurs catégories.

Et il n’est, je pense, pas nécessaire de préciser que nous sommes tous en perpétuelle évolution et donc assujettis à passer d’une catégorie à l’autre en fonction de nos parcours de pêcheurs.

Cette dernière partie d’article pourrait bien être perçue comme un constat subjectif un peu “acide” de la grande famille des pêcheurs de carpes en France, et je ne peux qu’en acquiescer, mais ces propos ne tiennent qu’à moi, libre à chacun de se retrouver ou non dans ce tableau grossièrement tracé à la bombe.


Nous sommes beaucoup à avoir été des “Oui Oui”, tentés par des déplacements de “Crabe”, avant de trouver un partenaire "Franchouillard", pour enfin rêver de devenir un “Ours”…

Soël

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