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Une valse à trois temps

Dernière mise à jour : 30 avr.

Depuis maintenant plusieurs années, le printemps est de très loin ma saison favorite.

C’est donc tout naturellement que j’essaie d’y consacrer un maximum de temps. Entre

fleuves et grands lacs, les choix sont difficiles. Beaucoup de grandes étendues me font rêver, mais c’est toujours le feeling qui guide mes choix.


DESTINATION :

Nous sommes en mai 2022, le printemps est à son paroxysme.

Nous sortons d’une pêche riche en émotions avec mon pote Nico, mais il est temps de laisser les carpes tranquilles car elles se sont mises à faire leurs petites affaires.

Mon pote doit rentrer chez lui, mais moi, j’ai encore la dalle et surtout encore un peu de

temps libre devant moi.


L’heure est à la réflexion concernant un potentiel nouveau terrain de jeu.


Le choix n’est pas simple. À cette période, il faut jongler avec le fait que, sur pas mal de

flottes, les poissons sont en pleine « baise » printanière.


La sélection des lieux se fait en fonction des paramètres météo des semaines précédentes : Températures, précipitations, fonte des neiges, etc.


Après quelques hésitations, la décision tombe : direction une flaque capricieuse sur laquelle j’ai une sérieuse revanche à prendre.


Un homme avec une très grosse carpe.


PREMIER FEELING :


Une fois arrivé sur les lieux, je découvre le lac au taquet, découpé de multiples baies et autres pointes…

La nature m’épate une fois de plus par son esthétisme.


Que c’est beau ! Un véritable paradis...


Rapidement, je dégrossis les zones qui me semblent intéressantes, mais me rends

malheureusement compte que le secteur que je voulais pêcher est déjà pris par deux équipes.


Pas grave, le lac est grand et je ne peine pas à m’éloigner des autres pêcheurs tant c’est

devenu une habitude pour moi depuis pas mal d’années.


Je commence donc ma première semaine loin de tous, sur un linéaire composé de deux

petites baies, ce qui est parfait pour jongler sur plusieurs postes afin de « prendre la

température » durant quelques jours.


Durant ces premières nuits, j’attrape une dizaine de poissons, mais rien de très gros, du

moins pas la partie du cheptel que je suis venu chercher sur ce lieu.


Il va donc falloir les chercher au-delà de cette zone, car mon instinct me dit que ce n’est pas sur ce poste que je pourrai cultiver l’espoir de les capturer.


Un homme avec une longue carpe miroire.


MOMENTS DE DOUTE !


En quittant ma première zone, je décide d’aller jeter un œil sur le premier secteur convoité pour voir s’il y a eu du mouvement.

Sur l’eau, je croise un des gars qui occupe le poste.

Il m’explique que c’est très compliqué pour eux depuis 4 jours, avec seulement 1 poisson à 3 pêcheurs.

Il me dit aussi qu’ils se laissent encore une nuit avant de quitter le secteur.


Que faire ?

Récupérer le poste ou aller voir ailleurs ? Il est tout à fait possible qu’ils soient

passés « à côté » de la pêche.

Ça vaut peut-être le coup de tenter, non ?


Quelle que soit ma future décision, je dois quitter le lac car j’ai un anniversaire de prévu ce soir. L’occasion de réfléchir à mon dilemme autour d’un verre… ou p’têt deux… ou p’têt

trois…


Bon, je casse un peu le suspense : Je ne suis pas retourné au lac le lendemain, la fête s’étant finie bien trop tard dans la nuit…


C’est donc le surlendemain que je retrouve ses berges sinueuses.

Après un déballage express du merdier, je saute dans le boat, direction le fameux secteur, pour voir si personne n’a décidé de prendre le poste à ma place.


Par chance, personne à l’horizon ! C’est peut-être un signe ! Ou pas…

Mais les quelques verres de ces derniers jours m’ont soufflé à l’oreille (et au foie) de me poser ici et de faire confiance à mon intuition première.


Histoire de chasser une bonne fois pour toutes le vilain doute, Dam’s (AKA le « Big D » From The Mother Fucking Place To Be) me confirme au tel que la zone est bouillante car ils y ont réalisé une très belle pêche quelques semaines auparavant avec Rom (AKA le «R » From The Real West Coast Nigga).


Plusieurs montage pour la pêche de la carpe.


À TABLEEEE !!!


Me voilà installé et je prépare mes armes tranquillement.

Pas de stress, je suis seul dans la baie et je sais déjà que je suis là pour plusieurs jours.

J’ai envie de construire ma pêche sur cette potentielle zone de tenue et de proposer un gros buffet à ces dames !


Comme à mon habitude, avant de partir sur l’eau en bateau, je fais décoller le

drone pour avoir une vue d’ensemble de ce qui se présente devant moi.

Cela me permet de voir si des poissons sont sur la zone, si des taches sont retournées, s’il y a des couloirs, synonymes de potentiels chemins pour ces dames…


On ne va pas se mentir, le drone au printemps, c’est quand même un très gros plus !

L’un des gros points forts selon moi est qu’il offre l’opportunité de repérer les poissons tout en minimisant le risque de les faire fuir, comme ça peut être le cas lors d’une prospection en bateau par exemple.


Bon, ce coup-ci, rien à signaler, pas de poissons en vue.


Je monte alors dans le bateau pour étudier les obstacles et passer un petit coup d’écho.

J’ai devant moi des forêts de buissons et d’arbres immergés dans 2 à 4 m d’eau.

Il est primordial d’étudier correctement la zone afin de sécuriser au maximum la pêche pour ne pas mettre en danger les poissons.


Faire des touches, c’est bien, mais les sortir, c’est mieux !


On n’est pas là pour abîmer nos compagnons de jeu. Le no-kill ne se résume pas simplement à un bon tapis de réception et une remise à l’eau,c’est tout un processus, et ça commence dès la prospection de la zone de pêche.


Étudier précisément le terrain et déterminer ce qui peut être fait et ce qui ne peut pas l’être représente selon nous une grosse part de la démarche.

Il me semble important de rappeler à quel point cette phase est importante dans la pratique du no-kill et déterminante pour les futurs résultats.


Mais revenons à nos moutons.


Une fois mon poste étudié et mes spots sélectionnés, il est temps de mettre la table.

Je poudre la zone avec 25 kg de billes et 25 kg de tiger nuts afin de couvrir une large zone et faire nager les poissons.


Pour cette première nuit, aucune canne n’ira à l’eau.


J’aime bien laisser reposer la zone afin de mettre ces dames en confiance.


Après une bonne nuit de sommeil sous des trombes d’eau, je me réveille avec des conditions assez bonnes… Je suis plutôt confiant.


La journée passe et, en fin d’après-midi, je décide de me bouger le cul du bed pour aller

déposer les cannes avec un rappel de 15 kg d’appâts étalés entre les différents spots.


Les freins sont bloqués, les cannes attachées… Y a plus qu’à… rester attentif au moindre bip !


Un homme barbu tient un gros poisson dans l'eau, entouré de végétation floue. Ambiance sereine avec des couleurs naturelles.


UN DÉMARRAGE TIMIDE !


Cette première soirée est calme. Il faut attendre minuit pour que la première touche vienne me sortir de mon bed.

Le reste de la nuit est calme, beaucoup trop calme à mon goût.

Néanmoins, au levé du jour mon Delkim s’emballe à nouveau, introduisant un combat tout en force avec une jolie miroir.


La journée se passe et un autre poisson vient me rendre visite, toujours sur la même canne.

Les autres restent mystérieusement muettes pour l’instant.


La soirée s’installe, rien de plus au compteur. Que faire ?


Sur le papier, c’est déjà correct, avec 3 poissons en 24 h, mais j’ai le sentiment

qu’il y a beaucoup mieux à faire…


Et si elles faisaient les timides, à ne pas vouloir sortir des obstacles ?

J’ai plusieurs amis et connaissances qui sont sur le lac, et le constat est le même pour tout le monde : les poissons sont dans leurs habitats, confortablement installés dans les obstacles, et il demeure difficile de les faire sortir de là…


Je décide donc de retourner sur l’eau avant la tombée de la nuit et de remettre 20 kg

d’appâts billes/Tigers.


Cela peut paraître un peu fou pour beaucoup, à la vue des faibles résultats avec les appâts déjà mis à l’eau, mais le feeling du moment me laisse croire que les poissons peuvent sortir de leur zone de confort si j’augmente la tentation en leur proposant encore plus d’appâts.


La nuit est calme… encore une fois.


Il est 4 h du mat’, je viens de me réveiller et il m’est impossible de me rendormir.

J’ai les yeux grands ouverts, remettant toute ma pêche en question avec des dizaines d’interrogations qui fusent dans ma tête.


Ai-je fait le bon choix ? Pour le moment, on dirait bien que non !


Il est temps de boire un café en scrutant les scions de mes cannes face aux premières lueurs du jour.


Je jette un œil à la météo, de fortes chaleurs sont annoncées, et pas un pet de vent à l’horizon… Ça s’annonce vraiment compliqué, cette histoire…


Un homme barbu tenant une grosse carpe dans l'eau, avec une expression satisfaite. Arrière-plan: arbres sombres et feuillage.


30 DEGRÉS ET UNE MARE D’HUILE !


Biiiippp ! Le café vole sur le tapis de sol du biwy et c’est parti pour un combat tout en

muscle.


Cette fois-ci, c’est une belle coco qui vient ouvrir la journée !


À peine le temps de faire les photos qu’une autre canne s’emballe.


Le début d’un sacré bordel car, sans crier gare, les poissons se mettent à table, me

permettant d’enchaîner 6 touches dans la journée.


Il fait une chaleur de plomb, le thermomètre affiche 28 degrés, le lac est d’huile et pourtant la pêche semble bel et bien lancée.


Quel kiff de pouvoir profiter de cette belle journée de la sorte.


Le soleil tombant, il est temps pour moi d’aller remettre une tournée d’appâts sur la zone.


La nuit passe, et RIEN ! Rebelote.

Mais que se passe-t-il là-dessous ?

Le jour se lève et c’est reparti comme la veille : les touches se font à intervalles réguliers, il fait encore plus chaud que la journée précédente, et ce sont encore 6 poissons qui viendront rejoindre le triangle.


Excellent ! Par chance, la moyenne de poids augmente petit à petit, ce qui n’est évidemment pas pour me déplaire.


Un homme barbu tient une grosse carpe dans l'eau, entouré d'arbres verts. Il regarde le poisson avec satisfaction sous un ciel clair.


PILI-PILI-PILI !


On dirait bien que ces dames apprécient le buffet, et cela semble faire partie de la clé de

cette pêche.

Ration journalière : 20 kilos en moyenne (billes + Tigers).

Les jours passent et se ressemblent.

Aucune touche lors des 5 dernières nuits, mais les journées quant à elles sont

mouvementées, avec en moyenne 5 à 7 poissons, toujours sous un soleil de plomb et un

thermomètre flirtant avec les 30 degrés.

Et vous savez quoi ? Toujours pas un pet de vent. C’est vraiment à n’y rien comprendre…

De plus en plus de poissons sympas sortent du lot, mais la big n’a pas encore répondu à l’appel…


Sur ce coup-là, je suis vraiment sur une pêche dite de « camping » et, pour une fois, l’envie de bouger prend peu de place dans ma tête car je sais que, si je garde ce rythme de captures, il y a de fortes chances pour que je tombe sur ce que je suis venu chercher.


De plus, les résultats sur le reste du lac sont très calmes, ce qui me conforte dans l’idée que je suis au bon endroit, au bon moment et qu’il ne faut surtout rien lâcher.


Lors d’une fin d’après-midi mouvementée, je loupe 2 poissons coup sur coup. Du reste, ce sont pour le moment les deux seuls que j’ai loupés sur ce poste.

Mais je ne vais pas vous mentir : ça m’a mis un bon coup au moral car j’ai l’impression

d’avoir loupé 2 patates !

Ouais, je sais, on dit toujours qu’on ne loupe que les grosses, mais là, j’en suis presque

certain !


Et si le fameux wagon était enfin arrivé ?


Malheureusement, je ne ferai rien de plus de la soirée…

mais vous connaissez la musique maintenant : le lendemain matin…


Un homme barbu tient un gros poisson dans l'eau au coucher du soleil, entouré de verdure. Il semble satisfait et concentré.


JOURNÉE DE RÊVE !!!

Bien rodé par les journées précédentes, je suis sur les starting-blocks !

Je me réveille juste avant le lever du jour, m’envoie un bon café pour remettre le facteur sur le vélo et attends la première touche.


07 h — RUUUUNNNN !!


C’est parti, je saute dans le bateau, ça m’a l’air solide !

Du moins, j’ai les mêmes sensations que la veille.

Le combat dure, ça sonde fort et, après quelques minutes d’adrénaline, le verdict tombe :

première petite patate de la journée est dans l’épuisette !


Une heure plus tard, rebelote !!!


On dirait bien que le wagon que j’attends depuis plusieurs jours est arrivé à destination !!!

Mon pressentiment d’hier soir semble être le bon.


C’est toujours sous cette canicule et ces conditions dignes d’un plein été que j’enchaîne à

nouveau 7 poissons en quelques heures avec une moyenne à plus de 21 kilos !!!


Un délire, je ne sais plus où donner de la tête, un gros gros kiff !


Cerise sur le gâteau, la journée se termine avec une énorme bicolore de plus de 26 kg !


Un homme barbu dans l'eau tient un gros poisson sous un ciel nocturne. Arrière-plan de feuillage vert. Ambiance paisible et fière.

Quel kiff de pouvoir profiter de ces moments dans de pareilles conditions, au cœur d’un tel cadre !


Je me répète un peu, mais l’association de tous ces facteurs en fait vraiment un souvenir particulièrement marquant !


Un de ces souvenirs de cartons printaniers qu’on a la chance de vivre lorsque tous les

facteurs sont au vert et que l’on possède le temps et les appâts nécessaires pour en profiter pleinement.


Un nouveau souvenir impérissable que le domaine public et ses grandes eaux libres ont pu m’offrir… de quoi alimenter encore un peu plus la machine à fabriquer des rêves…


Dylan.


Note de la rédaction:

Mode YoutuBranleur ON :

Si tu lis ces lignes, c’est que tu as boulotté l’entièreté de l’article (ou alors que tu as scrollé comme un tarba et que tes yeux ont été attirés par cette note qui dénote).


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Et si tout ça t’en touche une sans faire bouger l’autre, tu peux aussi aller te faire cuire des pâtes, ça marche aussi.


Bises

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