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Porcherie 2026 L'heure du bilan

il y a 6 jours
9 min de lecture

« Sois notre Allier »


Première édition du projet « PORCHERIE »


Six mois pour préparer six heures de ramassage de déchets


Des bateaux remplis de déchets

« Deux tonnes de déchets ramassées sur 20 kilomètres… et probablement le double encore derrière nous. »


Le samedi 26 septembre 2026, une quarantaine de personnes se sont retrouvées à Moulins pour ce premier événement.


Une première fois pour Brakass Adventure, mais surtout pour un projet que nous espérons voir grandir bien au-delà de notre association.


L'idée de départ était de réunir des personnes, des collectivités, des établissements scolaires, des clubs sportifs, des associations, des entreprises et des services de l'État autour d'une même action : aller chercher les déchets là où peu de gens vont les chercher. Là où ils s'accumulent parfois pendant des années, loin des regards, où ils pourrissent lentement en silence.

Sur toutes ces portions de rivières inaccessibles.


L'idée était simple.

La mise en œuvre, beaucoup moins.


Des bénévoles au bord de la rivière.

Six mois pour organiser une journée de ramassage


Pour des raisons d'accès, justement, notre première édition devait initialement se dérouler sur un autre secteur de l'Allier. Un parcours qui impliquait notamment de traverser un espace naturel protégé.


Nous avons donc commencé à répertorier puis contacter différents interlocuteurs.

Commencé à présenter le projet, à rechercher les autorisations, à identifier les contraintes du parcours, à trouver un établissement scolaire, un partenaire nautique, du matériel, des solutions pour les déchets, des financements et tout ce qui fait qu'une journée sur le terrain peut réellement avoir lieu.


Puis les choses se sont compliquées.


Contraintes réglementaires, calendrier administratif, indisponibilité des interlocuteurs, espaces protégés, autorisations, changements de parcours…


Le projet a dû évoluer.


Certains interlocuteurs nous ont aidés. D'autres n'ont pas pu le faire.

Certains ne nous ont pas répondu.

D'autres, initialement envisagés, ont finalement quitté le projet.


Le message semblait clair : nous n'étions pas toujours pris au sérieux.


Un premier obstacle « psycho-ilogique » conséquent.

De quoi donner le ton.


Des hommes et une flotte de canoës

La première chose que cette expérience nous a apprise, c'est que l'urgence écologique et la réalité administrative ne parlent pas toujours le même langage.


D'un côté, nous savons tous qu'il devient urgent d'agir concrètement pour préserver nos milieux naturels.

De l'autre, lorsqu'une petite association décide de passer à l'action, elle découvre rapidement une succession de règles, d'interlocuteurs, de demandes, d'autorisations, de contraintes et de délais qu'elle ne soupçonnait pas forcément.


Ces règles ont, semble-t-il, leurs raisons d'être.

La protection des espaces naturels, la sécurité des participants, la navigation ou encore la gestion des déchets ne peuvent évidemment pas être improvisées.


Mais pour une petite structure qui se lance seule, comprendre qui contacter, dans quel ordre et pour quelle raison peut devenir un obstacle presque aussi important que le projet lui-même.


C'est précisément pour cette raison que nous avons décidé de partager notre expérience.


Un four dans la rivière

« Sois notre Allier » ou pas...


Après plusieurs mois de travail et quelques changements de trajectoire, le projet a finalement pu voir le jour sous le nom de « Sois notre Allier ». « Porcherie, ce n'est pas très joli », nous a-t-on dit !


Le principe était simple : embarquer sur l'Allier à bord de canoës, parcourir plusieurs secteurs de rivière, ramasser les déchets accessibles depuis les embarcations, ratisser les berges et enfin acheminer le « butin » jusqu'au point de regroupement afin de pouvoir le trier, le peser et l'évacuer.


Pour cette première édition, nous avons pu compter sur la participation d'une quarantaine de personnes, dont une quinzaine de jeunes âgés de 12 à 18 ans.


Les canoës ont été mis à disposition par l'ASPTT Moulins et le club de canoë-kayak de Moulins.


Un groupe de bénévoles avant le départ;

Le lycée agricole de Neuvy a également répondu présent afin d'associer les jeunes à cette journée et d'y apporter une véritable dimension pédagogique.


La Ville de Moulins, la déchèterie de Chézy, le magasin bio L'Esperluette, Intermarché Moulins La Madeleine, Leclerc Avermes, la boulangerie L'Ami des Mies, La Paillotte de Moulins, la société Wild Product, ainsi que plusieurs autres acteurs, ont également contribué à rendre cette journée possible.

Et puis, heureusement, il y avait les bénévoles et les membres de notre association.


Des membres venus de plusieurs régions de France, parcourant parfois plusieurs centaines de kilomètres dans l'espoir de donner cette impulsion nécessaire à la naissance de ce projet d'intérêt commun.



Six heures sur l'eau, c'était pas de trop !


Au total, deux secteurs ont été parcourus en environ six heures.

Une vingtaine de kilomètres de rivière.

Une quarantaine de personnes.

Des dizaines de sacs remplis.

Une dizaine de mètres cubes de déchets extraits du cours d'eau et de ses berges représentant, selon l'estimation réalisée par les services techniques de la Ville de Moulins, près de deux tonnes de déchets au total.


Une remorque rempli de déchets

Deux tonnes, en six heures, sur seulement vingt kilomètres.

Et pourtant, le chiffre le plus marquant n'est peut-être pas celui-là.


« Nous avons dû laisser derrière nous une quantité de déchets que nous estimons au moins deux fois supérieure à celle que nous avons pu sortir.»


Cette estimation ne repose évidemment pas sur un comptage scientifique de ce qui est resté dans l'eau ou dans la végétation. Elle correspond simplement à ce que nous avons pu constater sur le terrain, avec nos moyens limités et malgré une végétation parfois dense.


Autrement dit, nous sommes repartis avec près de deux tonnes de déchets, mais nous avons aussi découvert l'ampleur de ce que nous n'étions pas capables de ramasser.


Et c'est probablement là que le projet prend tout son sens.


Un tas de déchets

Une rivière relativement préservée… et pourtant


L'Allier est considérée comme l'une des dernières grandes rivières sauvages d'Europe de l'Ouest. Son bassin joue également un rôle majeur pour le saumon atlantique dans le bassin de la Loire.

Elle bénéficie déjà de campagnes régulières de ramassage de déchets.

Et pourtant, en quelques heures, nous avons trouvé suffisamment de déchets pour remplir plusieurs bennes.


Un bateau remplit de déchets

Alors forcément, une question se pose.


Qu'en est-il des cours d'eau qui bénéficient de beaucoup moins d'attention ? 

Des petites rivières. Des ruisseaux. Des secteurs isolés.

Des endroits où personne ne vient régulièrement regarder ce que les crues ont déposé dans la végétation.


Nous n'avons pas la prétention de répondre à cette question avec une statistique nationale. Mais après avoir passé six heures sur l'Allier, il est difficile de ne pas imaginer ce qui peut se cacher ailleurs.


Le véritable objectif du projet « PORCHERIE »


Le projet « PORCHERIE » n'a jamais eu vocation à devenir une opération organisée uniquement par Brakass Adventure.


C’est même l'inverse.

« Nous aimerions que d'autres personnes reproduisent ce que nous venons d'accomplir. »


Deux hommes devant la rivière

Heureusement, des actions de ce genre existent depuis longtemps. Officielles ou officieuses, elles ont toutes leur place et leur légitimité.


Mais voilà : bien souvent, on en parle pendant une semaine, on félicite les participants, on applaudit, puis on repart rapidement dans notre quotidien, la tête bien baissée pour ne surtout pas porter le regard trop loin.


Or, ce travail de dépollution est un travail de fond. Au vu de la place qu'occupe le consumérisme dans nos sociétés, le flux de déchets ne risque malheureusement pas de s'arrêter de sitôt.


Au-delà d'une meilleure éducation et d'un travail évident sur notre manière de consommer, il est aussi possible d'agir collectivement sur le terrain.


Des actions concrètes, à taille humaine. Des petites opérations que n'importe qui peut organiser.


Alors, au-delà de faire notre part une ou deux fois par an, nous aimerions partager notre expérience et tenter de faciliter la tâche à celles et ceux qui auront la volonté et le courage d'entreprendre ce genre d'actions aujourd'hui.


Une flotte de canoés au départ vu du ciel

Il n'est pas nécessaire d'être une grosse association disposant de moyens considérables pour commencer.

Notre première édition nous a justement appris l'inverse.

Nous avons commencé avec peu de moyens et beaucoup d'incertitudes.

Nous avons essuyé des refus.

Nous avons dû relancer nos interlocuteurs, parfois plus que de raison.

Nous avons dû improviser et modifier plusieurs fois notre parcours.

Nous avons souvent eu l'impression de devoir convaincre, encore et encore, que notre projet méritait simplement d'exister.

Mais ce projet a fini par aboutir et a finalement pris des allures de succès.


Alors, nous avons décidé de mettre nos notes sur papier


Au fil des mois, nous avons accumulé des mails, des listes, des contacts, des tableaux, des demandes, des autorisations, des erreurs, des solutions...


Tout ce travail aurait pu rester dans nos ordinateurs mais nous avons préféré en faire quelque chose d'utile.

Nous avons donc préparé un guide pratique gratuit consacré à l'organisation d'une collecte itinérante de déchets sur une rivière.


L'objectif n'était pas de créer un manuel administratif universel.


Il n'existe pas de recette valable pour toutes les rivières. Chaque territoire possède ses propres contraintes, ses propres réglementations, ses propres interlocuteurs et ses propres réalités.


L'objectif est beaucoup plus simple :


« Nous voulons vous faire gagner le temps que nous avons perdu. »


Le départ d'un groupe en canoë

Le guide rassemble les principales étapes de préparation, les questions à se poser, les interlocuteurs à identifier, les points de vigilance liés à la sécurité et à la réglementation, ainsi que des modèles de courriers réellement utilisés lors de la préparation de « Sois notre Allier ».


Il a été conçu pour être consulté facilement, adapté à votre territoire et utilisé comme une base de travail. Il ne remplace évidemment pas les démarches et les confirmations nécessaires auprès des services compétents.


Le guide est disponible gratuitement à la fin de cet article et plus généralement sur notre site internet brakass.com


Comprendre avant d'agir


Nous ne voulons surtout pas donner l’impression que l’organisation de que ce genre de projet est facile. Il ne l'est pas.

Mais nous ne voulons pas non plus que la complexité de l'organisation serve de prétexte à l'inaction.


Deux jeunes portant des pagaies

Il y a une différence importante entre « c'est compliqué » et « c'est impossible ».

La clé consiste probablement à accepter que tout ne se fera pas en quelques semaines et que le plus dur reste souvent l'organisation de la première édition.


Une fois les grandes étapes comprises, il faut s'armer de patience et de détermination.


Il faut commencer tôt, se renseigner, accepter de modifier son parcours, demander conseil, relancer et trouver des personnes compétentes dans les domaines que l'on ne maîtrise pas.


Et surtout, il faut accepter de ne pas tout faire seul (vous gagnerez un temps considérable).



Un projet qui ne demande qu'à être reproduit


Nous concevons volontairement le projet PORCHERIE comme quelque chose de reproductible.

Notre ambition n'est pas d'organiser dix, vingt ou cinquante journées de ramassage à travers la France.

Notre objectif serait plutôt que cinquante associations organisent chacune leur propre journée.


Un homme devant un tas de déchets

Tous nos cours d'eau sont touchés par une forme de pollution, et nous connaissons tous une rivière ou un ruisseau près de chez nous.

À la manière d'un grand frère qui prendrait soin de son cadet, nous encourageons chacun d'entre vous à tendre la main à cet élément qui a permis le développement de la vie sur cette planète.


Si chaque collectif connaît un tronçon de rivière, un club de canoë, une école, une mairie, une déchèterie et quelques dizaines de bénévoles prêts à donner un coup de main, alors le modèle peut se multiplier beaucoup plus vite qu’on ne veut bien le croire.


C'est précisément pour cela que nous avons choisi de partager notre expérience.


« Servez-vous-en. Adaptez-la. Modifiez-la. Améliorez-la. Faites mieux que nous. »


Si vous êtes une petite association, un collectif ou simplement quelques personnes motivées, nous espérons sincèrement que ce document vous permettra de passer plus rapidement de l'idée à l'action.


Et maintenant ?


« Sois notre Allier » n'était qu’un premier jet.

Nous ne savons pas encore jusqu'où le projet PORCHERIE nous emmènera.


Mais cette première édition nous a confortés dans l'idée que l’organisation de ce genre d'action est possible et qu'il existe une véritable envie d'agir au sein de la population.

Il suffit parfois de créer l'occasion.


Un panneau et une barrière dans la rivière

La fable du colibri nous rappelle qu'une action individuelle peut sembler dérisoire face à l'ampleur du problème. Mais il n'y a pas de place pour le fatalisme.

Si chacun fait çà part l’incendie pourra alors être plus facilement maitrisé.


« Cultiver l'inaction, c'est perdre le combat d’avance. »


Alors commencez petit, commencez imparfaitement, mais commencez.


Et si demain, quelque part en France, cette expérience donne envie à un collectif de descendre une rivière pour en sortir les déchets, alors le projet PORCHERIE aura déjà rempli une partie de sa mission.



Le guide pratique PORCHERIE


Organiser une collecte itinérante de déchets sur une rivière


Un guide conçu à partir de notre expérience lors de l'organisation de

« Sois notre Allier », première édition du programme PORCHERIE.


Téléchargement gratuit ICI



Merci à toutes celles et ceux qui ont rendu cette première édition possible.


Un groupe de jeune posant à coté d'un tas de déchets

Merci à la Ville de Moulins, à l'ASPTT Moulins et au club de canoë-kayak, au lycée agricole de Neuvy, à la déchèterie de Chézy, à L'Esperluette, à L'Ami des Mies, à Intermarché Moulins La Madeleine, à Leclerc Avermes, à La Paillotte de Moulins, à Wild Product, ainsi qu'à la FFPS et au GN Carpe pour leur soutien.


Et surtout, merci à tous les bénévoles, venus parfois de l'autre bout de la France, qui ont parcouru plusieurs centaines de kilomètres pour passer quelques heures sur l'Allier à ramasser des déchets qui, pour certains, étaient là depuis des années.


Les Brakassés

 
 
 

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