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Culture de la liberté

  • Intro

Dans un passé, pas si lointain, un « simple » virus a réussi à paralyser une planète entière. La terreur, l’incertitude, le déni ou encore la défiance… Tout autant de façon de vivre cette situation inédite. Si il était propre à chacun de se faire une idée ou une conception de la situation, et il en a été de même pour tout le monde : devoir (ou non) rester à son domicile et se cantonner à un rayon castrateur d’un kilomètre autour de ce dernier. Pour des raisons politiques et/ou de santé, on nous a tous ordonné de nous priver d’une semi-liberté (je dis bien semi car par les temps actuels, il est à se demander si elle est totale) que l’on ne soupçonnait même pas. On ne la soupçonnait pas car elle était tellement ancrée dans nos acquis, qu’il n’a jamais été vraiment question, pour la plupart, de philosopher autour du fait d’être libre. Des heures à tourner en rond dans un appartement… Voilà ce que l’on nous a demandé de faire… Pour les amoureux de la nature, comme beaucoup d’entre nous le sont, cette situation devenait invivable. Même les citadins, qui ont parfois été trop souvent méprisant envers les personnes vivants en milieux ruraux, ont fuit leur prison de béton et de dioxyde de carbone pour ne plus y revenir. Pour ma part, l’état dépressif ne devait pas être si loin. J’avais finalement compris que transgresser certaines « règles » futiles étaient bien plus bénéfique que de rester emprisonné. Mon salut se trouvait là où nous sommes le mieux… Au bord de l’eau ! Toute cette castration a créée une exacerbation du besoin de liberté, chez un grand nombre de personne. Et d’ailleurs l’outdoor (figure de proue contemporaine de la « liberté ») n’a jamais subi un tel essor qu’actuellement.


Un homme en contre jour qui jette des appâts dans l'eau.


  • La liberté 

La sensation de liberté, être libre, n’est pas vraiment une chose qui se décrit par des mots. Elle se vie, elle se ressent… Dans la normalité, elle crée un sentiment de plénitude, d’extase… Elle se vit de plein de manières différentes et de notre point de vue de pêcheurs elle est décuplée par les éléments qui nous entourent. Le calme, la nature luxuriante, le doux son du clapot, sur la bordure, le chant des grues en pleine transhumance,… En réalité, tout ce qui subjectivement atteint la sensibilité de celui qui s’ouvre à une expérience donnant cette sensation de liberté. La subjectivité est un paramètre totalement singulier pour nous pêcheurs. L’un trouvera sa plénitude dans un environnement cadré dans lequel le calme est relatif et dans le lequel il pourra vivre sa passion sans se soucier d’élément parasite. L’autre, à contrario, trouvera son exutoire dans le fait d’aller à la pêche sans cadre et sans limitation (du moins aucune qu’il puisse se fixer). Personnellement, je me classifie dans ce deuxième panier. Bien entendu, il existe tout autant de conception de la liberté à la pêche qu’il existe de pêcheur sur cette terre, même si certains se retrouvent dans une philosophie commune. Cette conception évolue avec le temps. Elle est donc totalement variable et non hermétique à celui qui cherche chaque jour à réfléchir à l’amélioration de sa passion et à se remettre en question vis-à-vis de notre façon de vivre les choses. Bref, la liberté appartient à tout le monde et la conception que l’on s’en fait est propre à chacun sinon elle ne serait plus « liberté ».


Un homme en combinaison de plongée sous la pluie.

  • Vision et réalité

Comme je le disais un peu plus haut la définition et la conception de la liberté autour de notre passion est tout à fait personnelle. Je vais maintenant livrer MA vision de la chose avec probablement des vérités fondamentales sur la réalité de la situation et la perte de terrain que nous provoquons nous même. (Se mettre des balles dans le pied étant une particularité plutôt à la mode ces dernières années)

Mars 2023, Mes deux amis Dylan et Soël doivent partir dans quelques semaines pour un roadtrip d’un mois en terre étrangère. Une véritable aventure se prépare, du moins dans la définition que je peux m’en faire. Le programme est particulièrement alléchant et le trip semble plus que prometteur. Les gars me proposent de me joindre à eux. Malheureusement, ma situation personnelle me pousse à donner une réponse négative. L’amertume de ce refus traine quelques semaines en bouche… J’envie les copains mais je reste vraiment content pour eux car je sais qu’ils vont trouver des eaux mystérieuses regorgeant potentiellement de poissons vierges de l’empreinte humaine sur bien des plans. Mai 2023, les copains sont déjà à quelques jours du départ… Ma situation personnelle ayant brusquement été bousculée, je décide, dans le moneytime, de me joindre à l’aventure. Je ne vais pas pouvoir les suivre durant le mois entier mais je vais pouvoir les rejoindre par avion pour 15jours. Jour J, Soël vient me chercher à l’aéroport le plus proche.


Une photo de nuit d'un homme portant une carpe miroire.
Il est possible de rester tout à fait discret sur les lieux avec les moyens techniques contemporains

Les gars sont déjà en place depuis une bonne semaine, les amorçages sont fait et les premiers poissons tombent. Je découvre alors un lac majestueux avec très peu de traces humaines. Ici, l’homosapiens n’a pas encore laissé son empreinte comme on peut le voir sur beaucoup de nos eaux françaises. L’ADN de ce trip entre amis est marqué par le partage. Il n’y a aucun concours d’égo, on pêche à trois cerveaux et chacun apporte ce qu’il peut pour que ce moment de pêche soit optimal. Les poissons pris n’appartiennent pas plus à l’un qu’aux autres. Tout est fluide, tout s’enchaine dans la bonne humeur et toujours sur la voie de la simplicité, et la chance nous sourit. Nous attrapons un poisson presque utopique tellement nous rêvions d’un tel cyprin dans nos bras. De là, nous avons tous les trois gardés ce genre de sourire totalement niais mais révélateur d’un état de « grâce ». Nous sommes là, après avoir traversé des frontières pour vivre notre passion comme nous le rêvons. On retrouve alors une liberté qui se fait, malheureusement, de plus en plus rares en France pour plusieurs raisons que je vais tenter de développer un peu plus loin. A mon retour en France, les copains continuent de vivre un trip qu’aucun de nous n’aurait pu écrire tellement cette aventure avait tenue des promesses au-dessus de toute espérance. Le plein d’endorphine est fait ! On pourrait même dire que le réservoir déborde si bien que le fait d’avoir vécu cette aventure avec l’histoire qui l’accompagne nous a marqué au fer rouge. Nous sommes tellement marqué que deux d’entre nous avons vécu une période de flottement total (sans discussion ou concertation autour du sujet). On a vécu un tel trop plein d’émotion que le retour en France s’est transformé en un fade mélange entre morosité et « blasitude ». La saveur de la pêche en France était presque devenue insipide si bien que l’on n’avait plus l’envie de retourner pêcher tant le fossé entre ce que l’on avait vécu là-bas et notre pays s’était creusé. Juste plus le goût… En tout état de cause, nous avons décidé de nous jeter à la conquête pédestre de certaines montagnes des Alpes pour suppléer ce besoin de nature dans un environnement se rapprochant de ce que l’on avait pu vivre à l’étranger. Après plusieurs mois, nous retournons finalement progressivement sur les berges de notre magnifique parc halieutique en tentant d’occulter ses dérives.


Un vieux mâle bouquetin face à une chaine de montagne.
La montagne fut notre exutoire pour quelques mois.

Il faut rester lucide, le parc halieutique Français subit de mon point de vue un grand nombre de dérives… Dérives dont nous sommes tous coupables. La réalité c’est qu’il y’a de plus en plus de pêcheurs de carpe en France et en Europe. Notre pays est probablement l’un des mieux loti en terme halieutique… Fleuves, rivières, gravières, réservoir, barrages,… Tout autant de lieux abritant un grand nombre de carpes fortement convoitées par un nombre impressionnant de personnes qu’ils soient Français ou étrangers. Cette sollicitation continue n’est pas sans impact sur le milieu. En effet, beaucoup d’eaux sont victimes de leur médiatisation de masse et il devient compliqué de se trouver une place sur, parfois, plusieurs centaines d’hectares. Pour compliquer les choses, il existe même certains lieux où des équipes d’étranger se relaient plusieurs mois d’affilé sur un secteur du lac le rendant totalement inaccessible… Lorsque l’on vient au bord de l’eau c’est pour être tranquille et avoir la liberté de se déplacer pour chercher les poissons. De nos jours, il est parfois impossible d’être mobile sur un lac car ses 700ha sont remplis d’un pêcheur tous les 50m… Si cette situation peut convenir à certains, elle est pourtant très loin de ce que beaucoup se font comme idée de la liberté… La liberté de bouger, la liberté d’être isolé, la liberté du silence… La liberté de pêcher comme bon nous semble tout simplement. Pour ne rien enlever à cette surpopulation de pêcheurs, les conséquences commencent à être plus que visible… Les cheptels sont de plus en plus mal menés. On trouve des poissons sérieusement charcutés : gueules abimées (on pourrait croire à des volatiles), nageoires brisées, et j’en passe... La faute directe est celle du pêcheur et de son laxisme sur sa façon de manipuler un poisson. Le no-kill ne se résume pas au fait de relâcher le poisson. Le no-kill débute à la dépose du montage jusqu’au moment de redonner la liberté au poisson.


Une silhouette d'homme face à un couché de soleil dantesque.
Cadre incroyable pour un lac victime de son succès.

Plus indirectement, il existe une multitude de facteurs en lien avec tout cela. La mentalité récente de certains pêcheurs présents sur les réseaux n’est pas totalement innocente à ces dérives. L’égo prend une place telle que la santé des lieux et de ses habitantes n’est devenu qu’accessoire. Désormais, l’on pense principalement à sa hype sur les réseaux plutôt qu’à garder une forme de bon sens. En cela, beaucoup d’entre nous sommes coupable mais à des degrés bien différents. Sous couvert de « partage », on n’hésite plus à jeter en pâture au moins imaginatif une eau qui restait calme et sur laquelle la liberté prenait tout son sens. Je m’estime également coupable dans cet auto sabotage. L’expression « pour vivre heureux vivons caché » ne serait-elle pas en train de prendre tout son sens ? J’estime qu’il n’est jamais trop tard pour évoluer dans ses pensées.


Si l’on doit citer un point des plus importants lié à la liberté, on pourrait également citer la culture du mystère. Sans vouloir dénigrer les pêches sur infos, la culture de l’inconnu rajoute une certaine touche de saveur à la quête de la liberté et de la plénitude au bord de l’eau. Découvrir et prendre les poissons par soi-même est une satisfaction bien supérieure pour celui qui sait en prendre conscience. Cela ne reste que purement subjectif et ne reflète que le fond de la pensée que je peux m’en faire.

La liberté est donc propre à chacun. Elle est très subjective et chacun peut trouver son équilibre quelque part. Beaucoup de gens se mettent des barrières et ne vivent pas pleinement leur passion car ils s’arrêtent à des clôtures finalement imposées par leur propre esprit. La culture de cette liberté ne tient qu’à nous, mais pour cela il y’a certaines prises de conscience qui doivent se faire et cela passe par la protection de ces lieux qui sont de vrais paradis. Ces paradis peuvent rapidement devenir des enfers et la fête est alors vite terminée. Donc cultivons le mystère, pour nous, pour les autres et éclatons-nous au bord de l’eau.


Romain


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