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Sac de conservation carpe : faut-il encore les utiliser ?

Dernière mise à jour : il y a 18 heures

Gipcy, 22 Février 2024


Il y a presque dix ans, j’ai tenu une rubrique de six articles traitant du « No Kill » dans les colonnes de Média Carpe.

Cette pratique, que nous appelons dorénavant « Catch and Release », consiste à relâcher les poissons dans les meilleures conditions possibles.

À l’époque, j’estimais que le sujet avait été traité en long, en large et en travers. Mais malgré ce « rabâchage », j’étais forcé de constater que sur le terrain, c’était une véritable boucherie.

J’avais alors décidé de tenter un coup de poker en rédigeant mon texte de manière virulente afin de créer un éventuel électrochoc dans le but d’éveiller certaines consciences. Car oui, de banales petites erreurs peuvent avoir des conséquences irréversibles.

Malheureusement, ce fut un échec, notamment parce que l’humain n’aime pas l’inconfort de se retrouver face à ses incohérences.

Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre de l’eau dans mon vin et de tenter une approche plus douce afin de rappeler que bien des blessures peuvent être évitées.


Blessure de carpe liée à une mauvaise manipulation
Blessure typique d'une mauvaise manipulation de poisson

Quarante ans de « bons et loyaux » services


Le sac à carpe coulant en toile sombre est arrivé très tôt dans la pêche de la carpe, je l’ai d’ailleurs toujours connu. Il a été conçu dans le but de garder nos prises nocturnes en captivité jusqu’au lendemain afin de pouvoir faire un cliché souvenir à la lumière du jour.


N’étant ni plus ni moins qu’une bourriche 2.0 destinée à garder de gros poissons, il y eut quelques dérives d’utilisation provoquant pas mal d’accidents : plusieurs poissons dans le même sac, durée de captivité trop longue, mauvaises manipulations, perte de sac avec un poisson dedans, etc.


Comme dans toute pratique, il fallait faire un tas d’erreurs pour apprendre à les éviter.

Aujourd’hui, nous allons essayer de rendre hommage aux milliers de poissons mutilés à la suite de ces mauvaises utilisations, histoire que tout cela n’ait pas servi à rien.


Évitez au maximum d’utiliser des sacs de conservation.


L’utilisation du sac à carpe ne doit pas être un automatisme. Au contraire, il doit vous accompagner comme une roue de secours accompagne une voiture. Plus on limite les manipulations, plus on évite les risques de mutilations : c’est aussi simple que cela.


Si vous pêchez en binôme, appliquez-vous à faire les photos de nuit. Il existe aujourd’hui de nombreux équipements le permettant (voir l’article de Younes à ce sujet).


Faire la photo dans la foulée du combat est le meilleur moyen d’optimiser ses chances de réussir sa séance sans encombre. Le poisson étant fatigué, il devient plus docile et, par conséquent, beaucoup plus facile à manipuler.


Si vous pêchez en solo, la tâche n’est pas impossible mais elle reste plus délicate. Veillez donc à bien préparer l’ensemble de votre équipement à l’avance et choisissez un terrain adapté à cet exercice pour que la séance photo soit la plus rapide possible et se passe dans les meilleures conditions.


Si le terrain le permet, restez dans l’eau pour toutes les manipulations. Le mucus n’en sera que moins impacté et le poids de votre capture sera porté par l’élément, rendant chaque manipulation moins impactante pour sa santé.


deux hommes qui portent deux carpes en pleine nuit
Shootez de nuit autant que vous le pouvez

Si le terrain ne le permet pas et que vous sortez le poisson de son élément, veillez à arroser le poisson régulièrement avec de l’eau à la température de l’eau pêchée. Pas avec un seau qui stagne depuis cinq heures au soleil ou un autre contenant rempli d’eau glacée : les chocs thermiques peuvent avoir des conséquences très négatives sur la santé des poissons.


Il va de soi d’utiliser un tapis de réception adapté, d’une bonne épaisseur et d’une taille généreuse. Méfiez-vous, car le marché est aujourd’hui rempli de produits inadaptés. Soyez attentifs au moindre détail.


Sans épiloguer davantage, vous aurez compris que le meilleur moyen de minimiser son impact sur la santé d’un poisson est de le relâcher le plus vite possible et donc de ne pas le faire passer par la case « sac de conservation ».


Même s’il est toujours tentant de mettre un poisson au sac pour pouvoir contempler ses couleurs à la lumière du jour, n’oubliez pas que vous « jouez » avec la santé d’un animal vivant qui vous fascine et auquel vous vouez un grand respect.


Apprendre à mettre son orgueil de côté, tant que cela est possible, est un courant de pensée qui mérite d’être propagé à mon sens. Nous en sommes tout à fait capables, j’en suis sûr.


Si cela peut vous motiver à shooter de nuit, rappelez-vous que les clichés nocturnes possèdent un charme propre et ont cet énorme avantage de ne pas mettre en lumière les arrière-plans de vos spots favoris, les préservant ainsi des crabes et autres personnages en manque d’inspiration.


Fais ce que je dis, pas ce que je fais !


J’ai beau avoir conscience de tout cela, il m’arrive malgré tout de mettre des poissons en sac encore aujourd’hui. La pluie étant la principale raison qui me démotive à me lancer dans une séance photo nocturne.


Les risques liés à la captivité d’un poisson sont variables en fonction de nombreux paramètres : température de l’eau, période de l’année, nature des fonds, météo en cours, etc. Il est donc important de les analyser et de faire preuve de bon sens.


Par exemple, il est potentiellement plus dangereux de laisser un poisson deux heures en sac au mois de juin sur un fond rocailleux que d’en laisser un pendant six heures au mois de décembre sur un fond sablo-vaseux.



Un campement vu de drone
Il m'arrive encore de mettre certains poissons au sac pendant quelques heures.

Top 5 des situations les plus critiques :


  • Le courant (même faible) : si vous n’avez pas une zone morte sans courant à proximité, abstenez-vous de mettre un poisson en sac au risque de le retrouver en boule dans une position particulièrement inconfortable et dangereuse.

  • Les cas de fort vent provoquant de grosses vagues : dans ce cas de figure, votre sac peut rapidement se faire balloter violemment sur la berge.

  • Les berges de grands canaux bétonnés en pente douce sur les portions navigables : lorsque les péniches passent devant vous, le tirant d’eau peut créer de très grosses vagues.

  • Les berges envahies d’herbiers denses lorsque le taux d’oxygène dans l’eau est faible.

  • Les berges accidentées pouvant provoquer des irritations et des pertes d’écailles à cause des frottements répétés.


Une carpe qui se fait arroser dans un tapis de réception
Si vous sortez votre poisson de son élément, arrosez le abondamment et utilisez un tapis adapté

Vous l’aurez compris : l’analyse du terrain et des conditions météorologiques est au moins aussi importante que la manipulation des poissons.


Cela dit, la plupart des accidents se produisent lors des manipulations.


Vous pouvez avoir le meilleur sac du marché et l’avoir placé dans un endroit propice : si vous le sortez de l’eau comme un sac de pommes de terre, il y a quand même de fortes chances qu’il y ait de la casse.


Les étapes incontournables :


Commencez par fatiguer le poisson dans son élément.

Penchez le sac sur le côté afin de déséquilibrer le poisson pour qu’il cherche naturellement à reprendre sa position. Répétez l’opération jusqu’à ce qu’il ne cherche plus à se débattre.


Une fois cette étape réalisée, portez le poisson comme si vous alliez procéder à la séance photo (au-dessus de l’eau, le poisson encore dans le sac). Attendez quelques secondes et observez son comportement.


Enfin, découvrez le corps du poisson avec délicatesse et redoublez de vigilance lorsque vous retirez le sac de ses yeux, la lumière pouvant provoquer une réaction vive.



un homme qui porte une carpe
Manipulez votre poisson dans son élément et vous réduirez fortement le risque de blessure

Les sacs : Deux familles, deux utilisations bien différentes.


Les sacs coulants


Il existe de nombreux modèles de sacs de conservation coulants. Les meilleurs modèles sont, selon moi, les plus basiques, dotés d’une toile épaisse, respirante et non rugueuse.


La plupart d’entre eux sont maintenant équipés d’une fermeture éclair pour une plus grande commodité d’utilisation, mais ces matériaux rigides sont, selon moi, vecteurs de potentielles blessures supplémentaires.


Nombre d’entre eux possèdent également des sangles servant de poignées pour porter les poissons. Qu’il y en ait ou non sur vos modèles, n’utilisez pas ces poignées. Elles sont fragiles et, plus votre poisson sera lourd, plus vous risquez de déchirer la toile du sac au niveau des coutures.


De plus, si vous portez le poisson avec ces sangles, il y a de très grandes chances pour que celui-ci se retrouve dans une très mauvaise posture, favorisant un potentiel accident.

Pour rappel, une fois bien fatigué dans son élément, il est important de placer le poisson (encore dans le sac) dans un brancard afin de le déplacer d’un point A à un point B.


Vous aurez au préalable vérifié que toutes les nageoires soient bien plaquées le long du corps. Si vous n’avez pas de brancard sous la main, il vous faudra attraper le sac au plus près du poisson et veiller à le porter en inclinant légèrement la tête vers le bas afin que le poids du poisson soit réparti sur la zone la plus solide de son corps (la tête).


un sac de conservation pour carpe
Privilégiez les sacs en toile les moins abrasifs possible.

Les sacs flottants :


Les sacs flottants ne sont pas des sacs de conservation.

Ce sont des sacs destinés à garder un poisson pendant quelques dizaines de minutes tout au plus.


Si vous conservez un poisson dans ce type de sac pendant une longue période, vous l’exposez fortement à de multiples blessures.


La plus courante est une érosion du bout des nageoires (principalement la caudale), car la carpe, étant un poisson de fond, cherche très rapidement à le rejoindre. En s’efforçant de nager dans sa cage flottante, le poisson irrite ses nageoires en les frottant sur la toile. C’est assez flagrant : les nageoires blanchissent aux extrémités.


Il arrive parfois que les poissons cherchent à se retourner dans ces sacs. La finalité peut être dramatique. Cette expérience m’est personnellement arrivée avec un sac flottant XXL dans lequel un vieux mâle de plus de 30 ans s’est cassé la caudale en voulant se retourner à l’intérieur.


À l’époque, je pensais avoir fait le bon choix en le plaçant quelques heures en sac flottant plutôt que dans un modèle coulant, étant donné la nature « hostile » du fond (gros galets).


La vraie bonne option aurait été de le relâcher directement. Cette blessure n’est peut-être pas le fruit d’une erreur de manipulation de ma part, mais elle découle néanmoins d’une erreur d’analyse et d’une mauvaise utilisation d’un modèle non adapté.



un homme qui porte une carpe devant une montagne
Les brancards sont destinés à sécuriser la manipulation des poissons. Ils ne sont pas conçus pour les maintenir en captivité pendant de longues heures.

Chaque petit détail compte et le meilleur moyen d’éviter les accidents reste d’être le plus attentif possible et d’éviter les manipulations inutiles. Nous avons tous la capacité d’analyser une situation et je vous encourage à partager vos mauvaises expériences avec votre entourage afin de les étudier pour éviter de les reproduire.

Veillons à cultiver un avenir meilleur grâce à nos expériences passées.

Il n’y a aucun mal à tenter de faire évoluer nos mentalités.

Soël

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1 commentaire


Ton article Soel devrait être une notice dans chaque sac lors de l'achat. Top 👍

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